Poljack - Les deesses de l'Indus

     Poljack a atteint l’âge de la maturité, et si tu n’as pas compris cette évidence, lecteur, chroniqueur ou dévoreurs de lignes, je ne vois qu’une explication à ton manque de clairvoyance, tu es encore plus embouteillé que le périphérique parisien un soir de chassé-croisé estival, si tel est le cas, même le bison que l’on prétend futé ne peut plus rien pour toi. Je n’ai qu’un conseil à te donner : lance-toi dans les aventures de Sylvain et Sylvette et laisse-nous jouer dans la cour de récréation des vrais aventuriers ! Dans ce troisième opus, Poljack ne s'inspire plus de tel ou tel héros passé à la prosperité, il n'est plus un mélange de l'espion britannique au célèbre cocktail vodka Martini dans un verre, passé au shaker, du fringant justicier aux cheveux  noirs et drus coupés en brosse, et du commissaire héros-narrateur aux vannes incroyablement inventives… (Vous n'avez plus qu'a découvrir le nom des personnages évoqués) 

Non ! Poljack est devenu lui-même… Il s’est institutionnalisé en créant un nouveau personnage complet et unique au musée Grévin de nos aventuriers.

Un britannique et trois Français… Cocorico ! 3-1 au score ! 

Trois c'est le chiffre magique de Poljack. Trois comme  trois approches talentueusement imbriquées qui maintiennent un intérêt constant pour l’œuvre.

L’aventure, bien sûr, avec ses rebondissements, ses coups d’éclat, ses personnages, ses doutes, ses baffes dans la figure

L’échange presque interactif  et intimement impertinent lors duquel Poljack s’adresse à nous en direct, improvisant presque questions et réponses…

L'aspect "guide du routard" pour baroudeur en vadrouille, qui nous entraine dans la découverte d’un pays, d’une population et d’une culture que nous ne connaissons bien peu et qui mérite vraiment le déplacement, même s’il est virtuel.

Le tout est saupoudré :

- D’un tantinet de romance, Poljack n’est pas qu’une brute, il sait aimer, se faire aimer, se faire larguer, il est fidèle en amitié 

- D' un savoureux parfum aux extraits concentrés de contestation, de désobéissance, de dissidence d'indiscipline, d'insoumission, d'insubordination… Quelques qualités indispensables prêtées par l’auteur à son personnage… Poljack n'est aux ordres de personne… Poljack n’obéit même pas à lui-même, il se soumet à son instinct.

Le style et l’écriture au fil des trois volumes se sont affinés, précisés, posés. Le texte est fluide, léger et vivant. Il se lit sans effort. Dans les pas du héros, accompagné par  cette ennivrante excitation du voyageur découvreur,  c'est  à pied, en avion, en voiture, en bateau, que nous parcourons les pages de ce bouquin. 

Les personnages secondaires, plus nombreux et plus présents que dans les précédents volumes, sont construits. Ils existent, n’étant plus de simples faire-valoir. Ils vivent leurs propres aventures, proposent leur raisonnement et leur vision de la situation. Ils sont parfois la conscience de Poljack, lui jetant à la figure ses imperfections ou ses contradictions d’homme d’action aveuglé parfois par l’obligation de résultat. 

Bref ! Inutile d’en rajouter… J’ai aimé ce bouquin… Il m'a donné l'envie de partir pour l'Inde sur les traces de ce héros indépendant.

Seule toute petite réserve… La couverture du bouquin, qui a mon sens, ne met pas suffisamment en valeur cet ouvrage. Elle rappelle les couvertures créées à la chaine afin d’illustrer les SAS, Vic Saint Val et autres bouquins d’espionnages faciles des années 80… Poljack mérite mieux.




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