"Chroniques d'un vieil homme de Jean-Francois Thiers

     Il est des textes qui vous parlent, qui vous instruisent, qui vous passionnent, qui vous tiennent en haleine, qui vous dérangent, qui vous émeuvent ...  Il serait aisé de prolonger la liste des « qui vous ci » ou des « qui vous ça ».  J’ai même connu un certain nombre de textes qui m’ennuyaient prodigieusement, quand ils ne m’agaçaient pas.  Les chroniques de Jean François Thiers ne rentrent dans aucune de ces cases… et surtout pas dans les deux dernières. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit pas d’un texte. C’est un bouquet d’images, des senteurs, d’instants. C’est un florilège de belles rencontres, un concentré d’émotions. Un panel de  chouettes et bouleversants moments que la vie sait  offrir à celui qui  sait voir. 

     Un homme qui se prétend vieux, nous prend par la main et nous emmène tout bonnement, sans chichi ni baratin.  Et même si tel n'est pas son objectif premier, malgré lui, le prétendu vieil homme nous enrichit. Pas de ses savoirs,  pas de ses expériences nombreuses,  pas d'une foutue leçon d'humanité du genre de celles qui polluent les réseaux sociaux et autres médias, non simplement d'une bienveillance cordiale et sympathique, un peu comme une soirée passée ensemble devant un bon verre à discuter de rien et surtout de tout. Bon sang ! ce que cela fait du bien ! Cela redonne presque confiance en l'être humain ! Avec lui, nous nous baladons, nous sourions, nous râlons, nous protestons, nous tombons sous le charme, nous aimons, nous nous saoulons, nous regrettons, nous manifestons, nous nous souvenons… Nous versons une larme parfois… Pas sur une histoire inventée que nous savons fiction, plutôt sur des souvenirs que nous partageons. Oui, « partageons », car sans le savoir ou en choisissant de l’ignorer nous cachons tous, dans un coin de notre cœur, l’image d’un gamin inconnu et perdu qui, un jour, nous a émus sans que nous sachions quoi faire pour l’aider. L’image de ce petit vieux parti trop tôt que l’on n’a pas suffisamment connu. L’image de cette vieille dame qui nous porta dans son ventre et que l’on regrette de ne pas avoir su écouter. L’image d’un maître avec tout ce que ce mot peut contenir de positif. L’image d’un ami de rencontre brève. L’image d’un sourire gratuit, d’un paysage beau à en pleurer, d’un gospel si « tripard » qu’il te rendrait presque croyant… Tellement de choses que l’on oublie, mais qui font que l’existence mérite d’être vécue. « Chroniques d’un vieil homme » nous rappelle ces choses avec sincérité, simplicité et humilité. Et je n’hésite pas à le confier, au terme de la chronique intitulée « Chambre 02 », j’ai éteint la tablette sur laquelle je lisais, j’ai quitté le refuge confortable de mon canapé, j’ai enfourché ma moto et suis allé rendre visite à une très vieille dame vivant dans une maison de retraite. C'était parti pour plus d'une heure de promenade à pousser une chaise roulante aux pneus dégonflés, à écouter des radotages, à répondre cent fois à la même question, à regarder un sourire et à se rendre compte que pour elle, on est quelqu'un d'important !

     Merci JF pour ce moment simple. Il m’a rappelé certaines de ces soirées magiques entre amis, dans l’intimité de la nuit, quand parfois, les langues sincères se délient. On s’ouvre, on s’offre. On sait écouter, prendre et donner, ça ne dure pas, mais "oh ! qu'acò's bèu ! (Que c'est beau !) 

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